Supposé donc qu'un homme se persuade, ébranlé en partie par la faiblesse de tous les arguments spéculatifs si vantés, en partie par les nombreuses irrégularités qui se présentent à lui dans la nature et dans le monde sensible, que Dieu n'existe pas ; il serait cependant à ses propres yeux un vaurien, si, pour cette raison, il voulait tenir les lois du devoir pour simplement imaginaires, sans valeur et n'obligeant à rien, et s'il voulait se résoudre à les transgresser sans crainte. Si par suite un tel homme pouvait se convaincre de ce dont il avait d'abord douté, il resterait encore avec une telle manière de penser un vaurien, même s'il remplissait son devoir aussi ponctuellement qu'on peut l'exiger d'après le résultat, mais soit par peur, soit en vue d'une récompense, sans la conviction d'honorer le devoir. Inversement, si, en tant que croyant, il lui obéit selon sa conscience avec sincérité et désintéressement, et si néanmoins, aussi souvent qu'il suppose le cas où il pourrait être convaincu qu'il n'y a pas de Dieu, il croit qu'il serait aussitôt libre de toute obligation morale, dès lors la conviction morale doit être bien faible en lui.
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18 novembre 2008
01 septembre 2005
Kant, Critique de la raison pure, Méthodologie, I, section 2, 3
Laissez donc parler votre adversaire, quand il ne fait que parler raison, et combattez simplement avec les armes de la raison.
20 août 2005
Kant, Critique de la raison pure, Analytique des principes, introduction (note)
Le manque de faculté de juger est proprement ce que l'on nomme sottise, et à tel vice, il n'y a pas de remède.
19 août 2005
Kant, Critique de la raison pure, 1ère édition, préface
... les sceptiques, une espèce de nomades, qui ont en horreur tout établissement stable sur le sol.
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