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03 février 2013
Saint Augustin, La Cité de Dieu, 1, 1, viii
La similitude des souffrances n'exclut pas la différence de ceux qui souffrent, et l'identité des tourments ne fait pas l'identité du vice et de la vertu.
06 janvier 2008
Platon, Les Lois, II, 653a - 653c
A vrai dire, je prétends que chez les enfants les premières sensations de leur âge sont le plaisir et la douleur, et que c'est en elles que la vertu et le vice commencent à être présents à l'âme, tandis que la réflexion et les opinions vraies qui présentent de la fermeté, c'est une chance pour quelqu'un d'y parvenir, même lorsqu'il approche de la vieillesse. Quoi qu'il en soit, l'homme qui possède ces biens et tout ce qu'ils renferment atteint la perfection. Dès lors, j'entends par éducation, l'éclosion initiale de la vertu chez l'enfant. Si le plaisir, l'affection, la douleur et la haine apparaissent donc comme il faut dans l'âme, avant qu'elle puisse en saisir la raison, et si, lorsque l'âme en a saisi la raison, ils s'accordent avec la raison pour reconnaître qu'elle a pris de bonnes habitudes, c'est cet accord qui constitue l'excellence dans sa totalité. Mais la partie de cette vertu qui concerne la formation au bon usage des plaisirs et des douleurs et qui fait que, du début à la fin, on prend en haine ce qu'il faut prendre en haine et qu'on chérit ce qu'il faut chérir, cette partie si, après l'avoir isolée par la raison, tu l'appelais "éducation", tu aurais raison à mon avis, de l'appeler ainsi.
01 juillet 2007
לך לך, בראשית יב
ָוַיֹאמֶר יהוה אֶל־אַבְרָם לֶךְ־לֶךָ מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית אָבִיךָ אֶל־הָאָרֶץ אֲשֶׁר אַרְאֶך
28 juin 2007
Platon, Les Lois, 803b
Les affaires humaines ne sont sans doute pas dignes de beaucoup de sérieux, et pourtant il faut les prendre au sérieux.
07 janvier 2007
Sénèque, Des bienfaits, IV, 33, 2-3
Nous n'attendons jamais une certitude absolue, parce que la recherche de la vérité est une chose ardue, et que le chemin que nous suivons est celui de la probabilité. Telle est notre voie dans les tâches que nous entreprenons : c'est ainsi que nous semons, que nous naviguons, que nous faisons la guerre, que nous nous marions, que nous élevons nos enfants. Bien que, dans toutes ces entreprises le résultat soit incertain, nous nous décidons pour des actes dans lesquels nous croyons pouvoir espérer.
04 janvier 2007
Méléagre, Anthologie Palatine, VII, 476
Je t'envoie là-bas à travers la terre, Héliodora, mes pleurs, reliques de tendresse jusque chez Hadès ; ces pleurs cruels à pleurer, sur ta tombe couverte de larmes, j'en répands la libation, souvenir de mes désirs, souvenir de mon amour. Lamentablement, lamentablement, sur toi qui m'es chère même parmi les morts, moi, Méléagre, je gémis ; vain hommage à l'Achéron. Hélas ! hélas ! où est la tige pour moi si désirable ? Il l'a ravie, Hadès l'a ravie, et en son éclat la fleur a été souillée de poussière. Ah ! je t'en supplie, ô Terre, notre nourrice à tous, étreins dans ton sein doucement, ô mère, cette morte tant pleurée.
13 décembre 2006
Confucius, Grande Etude, I, 2
Qui sait sur quoi se fonder aura de la détermination. Déterminé, il connaîtra la sérénité. Serein, il sera capable d'impartialité. Impartial, il sera susceptible de discernement. De son discernement dépend son succès.
10 décembre 2006
Lucrèce, De la nature, I, 958 sq.
Le Tout, donc, n'est fini en aucune direction.
Sinon, il devrait avoir une extrémité.
Or, une extrémité, nulle chose n'en possède
s'il n'est rien au-delà pour la délimiter
en montrant où notre vue cesse de la suivre.
Comme il faut admettre que hors de l'ensemble il n'est rien,
le Tout est sans extrémité, donc sans fin ni mesure.
Peu importe la position qu'on y occupe,
de tous côtés, à partir de chaque poste,
on laisse toujours l'univers infini.
Mais supposons l'univers comme un espace fini :
si quelqu'un courait jusqu'à ses rives extrêmes
pour lancer un javelot, veux-tu que, brandi avec force,
le trait s'envole au loin et qu'il atteigne son but,
ou penses-tu qu'un obstacle puisse l'arrêter ?
Oui, c'est l'un ou l'autre, il te faut choisir,
nulle échappatoire ni d'un côté ni de l'autre :
l'univers, tu dois l'admettre, s'ouvre à l'infini.
Soit qu'un obstacle, en effet, empêche le trait
d'arriver à son but et d'y fixer son terme,
soit qu'il vole en dehors, il n'est point parti de la fin.
Fixe n'importe où les confins de l'univers,
partout je te poursuivrai avec cette question :
eh bien, qu'en est-il de la flèche ?
Nulle part ne pourra s'établir une fin.
L'espace toujours fuyant toujours s'ouvre à la fuite.
[...]
Du reste, la nature interdit la mesure
à la somme des choses en forçant la matière
à se limiter par le vide, le vide par la matière.
Ainsi l'une et l'autre alternant font le Tout infini.
Et même un seul, sans la limite de l'autre,
par sa simple nature s'étendrait sans mesure.
Sinon, il devrait avoir une extrémité.
Or, une extrémité, nulle chose n'en possède
s'il n'est rien au-delà pour la délimiter
en montrant où notre vue cesse de la suivre.
Comme il faut admettre que hors de l'ensemble il n'est rien,
le Tout est sans extrémité, donc sans fin ni mesure.
Peu importe la position qu'on y occupe,
de tous côtés, à partir de chaque poste,
on laisse toujours l'univers infini.
Mais supposons l'univers comme un espace fini :
si quelqu'un courait jusqu'à ses rives extrêmes
pour lancer un javelot, veux-tu que, brandi avec force,
le trait s'envole au loin et qu'il atteigne son but,
ou penses-tu qu'un obstacle puisse l'arrêter ?
Oui, c'est l'un ou l'autre, il te faut choisir,
nulle échappatoire ni d'un côté ni de l'autre :
l'univers, tu dois l'admettre, s'ouvre à l'infini.
Soit qu'un obstacle, en effet, empêche le trait
d'arriver à son but et d'y fixer son terme,
soit qu'il vole en dehors, il n'est point parti de la fin.
Fixe n'importe où les confins de l'univers,
partout je te poursuivrai avec cette question :
eh bien, qu'en est-il de la flèche ?
Nulle part ne pourra s'établir une fin.
L'espace toujours fuyant toujours s'ouvre à la fuite.
[...]
Du reste, la nature interdit la mesure
à la somme des choses en forçant la matière
à se limiter par le vide, le vide par la matière.
Ainsi l'une et l'autre alternant font le Tout infini.
Et même un seul, sans la limite de l'autre,
par sa simple nature s'étendrait sans mesure.
08 novembre 2006
Marc Aurèle, Pensées, VII, 7
N'aie pas honte de te faire aider ; car tu te proposes de faire ce qui est utile, comme le soldat à l'assaut des murs. Quoi donc ! si tu es boiteux et si tu ne peux monter seul au créneau, mais si c'est possible, grâce à un autre ?
06 novembre 2006
Marc Aurèle, Pensées, VII, 8
Que l'avenir ne te trouble pas : car tu viendras à lui, quand il le faudra, avec la même raison que tu utilises pour les choses présentes.
16 septembre 2006
Léonidas de Tarente
Homme, il a été infini, le temps d'avant
que tu viennes au jour, et le reste, infini
pour l'Hadès. Quelle est la part laissée
à la vie : la piqûre, à peu près, d'un instant,
à moins qu'il n'y ait plus bref qu'une piqûre ?
Ta vie, petite, est écrasée : sans douceur par nature,
mais plus aride encore que son ennemie la mort.
Et les hommes, si bien ajustés d'un assemblage
d'os, se dressent vers l'air et les nuages !
Bonhomme, vois, quelle absurdité : au bout du fil,
il y a le ver, avant même que le vêtement soit tissé :
comme le son d'une harpe, il s'effiloche, desséché
bien davantage qu'une momie d'araignée.
Homme, d'aurore en aurore, lutte
pour incliner ta vie à la frugalité :
tant que tu es parmi les vivants,
toujours, en esprit, pensant
de quel roseau tu es flûte.
(trad. D. Buisset, in Anthologie Grecque 1, La couronne de Méléagre, ed. Orphée La Différence, 1990)
que tu viennes au jour, et le reste, infini
pour l'Hadès. Quelle est la part laissée
à la vie : la piqûre, à peu près, d'un instant,
à moins qu'il n'y ait plus bref qu'une piqûre ?
Ta vie, petite, est écrasée : sans douceur par nature,
mais plus aride encore que son ennemie la mort.
Et les hommes, si bien ajustés d'un assemblage
d'os, se dressent vers l'air et les nuages !
Bonhomme, vois, quelle absurdité : au bout du fil,
il y a le ver, avant même que le vêtement soit tissé :
comme le son d'une harpe, il s'effiloche, desséché
bien davantage qu'une momie d'araignée.
Homme, d'aurore en aurore, lutte
pour incliner ta vie à la frugalité :
tant que tu es parmi les vivants,
toujours, en esprit, pensant
de quel roseau tu es flûte.
(trad. D. Buisset, in Anthologie Grecque 1, La couronne de Méléagre, ed. Orphée La Différence, 1990)
24 août 2006
Lao-Tseu,Tao te king, LXVIII
Celui qui excelle à commander une armée n'a pas une ardeur belliqueuse.
Celui qui excelle à combattre ne se laisse pas aller à la colère.
Celui qui excelle à vaincre ne lutte pas.
Celui qui excelle à employer les hommes se met au-dessous d'eux.
C'est là ce qu'on appelle posséder la vertu qui consiste à ne point lutter.
C'est ce qu'on appelle savoir se servir des forces des hommes.
C'est ce qu'on appelle s'unir au ciel.
Telle était la science sublime des Anciens.
Celui qui excelle à combattre ne se laisse pas aller à la colère.
Celui qui excelle à vaincre ne lutte pas.
Celui qui excelle à employer les hommes se met au-dessous d'eux.
C'est là ce qu'on appelle posséder la vertu qui consiste à ne point lutter.
C'est ce qu'on appelle savoir se servir des forces des hommes.
C'est ce qu'on appelle s'unir au ciel.
Telle était la science sublime des Anciens.
23 juillet 2006
Confucius, Entretiens, XI, 15
Le Maître dit : « Pourquoi la cithare de Lou est-elle chez moi ? » Les disciples de Confucius, ayant entendu ces paroles, conçurent du mépris pour Tzeu-Lou. Le Maître leur dit : « Lou est déjà monté à la salle ; mais il n'a pas encore pénétré dans la chambre. »
Tzeu-Lou était d'un caractère raide et impétueux. Les sons de sa cithare imitaient les cris que poussent les habitants des contrées septentrionales au milieu des combats et des massacres. Le Maître l'en reprit, en disant : « Dans mon école, le milieu juste et l'harmonie forment la base de l'enseignement. La cithare de Lou manque tout à fait d'harmonie. Pourquoi se fait-elle entendre chez moi ? » Les disciples de Confucius, ayant entendu ces paroles, ne témoignèrent plus aucune estime à Tzeu-Lou.
Le Maître, pour les tirer d'erreur, leur dit : « Tzeu-Lou, dans l'étude, a déjà atteint une région pure, spacieuse, élevée, lumineuse ; seulement, il n'a pas encore pénétré profondément dans les endroits les plus retirés et les plus secrets. Parce qu'il lui manque encore une chose, on ne doit pas le mépriser. »
Tzeu-Lou était d'un caractère raide et impétueux. Les sons de sa cithare imitaient les cris que poussent les habitants des contrées septentrionales au milieu des combats et des massacres. Le Maître l'en reprit, en disant : « Dans mon école, le milieu juste et l'harmonie forment la base de l'enseignement. La cithare de Lou manque tout à fait d'harmonie. Pourquoi se fait-elle entendre chez moi ? » Les disciples de Confucius, ayant entendu ces paroles, ne témoignèrent plus aucune estime à Tzeu-Lou.
Le Maître, pour les tirer d'erreur, leur dit : « Tzeu-Lou, dans l'étude, a déjà atteint une région pure, spacieuse, élevée, lumineuse ; seulement, il n'a pas encore pénétré profondément dans les endroits les plus retirés et les plus secrets. Parce qu'il lui manque encore une chose, on ne doit pas le mépriser. »
27 juin 2006
Confucius, Entretiens, II, 13
Tzeu koung ayant demandé ce que doit faire un homme honorable, le Maître répondit : « L'homme honorable commence par appliquer ce qu'il veut enseigner ; ensuite il enseigne. »
18 juin 2006
Sénèque, lettres à Lucilius, III, 27, 1 - 3
Je t'entends dire : "C'est toi qui me fais la leçon ; déjà, n'est-ce pas ? tu te l'es faite à toi-même, tu t'es corrigé ? Non, et c'est pourquoi tu as le temps de réformer les autres !" Je n'aurais pas l'audace, moi, un malade, d'entreprendre des cures. Couché dans la même infirmerie, je cause avec toi du mal qui nous est commun et je te passe mes recettes. Ecoute-moi donc comme si je me parlais à moi-même ; je t'ouvre ma vie secrète, et je te prends pour témoin dans les moments où je vérifie mes comptes intimes.
C'est moi qui me crie : "Calcule tes années : tu rougiras de vouloir les mêmes choses que tu voulais dans l'enfance, de viser aux mêmes satisfactions. Voici l'instant, aux approches du jour de la mort, de prendre envers toi-même cet engagement : que tes vices meurent avant toi. Donne congé à ces plaisirs tumultueux dont la rançon est toujours coûteuse. Avant leur venue, une fois passés, ils font du mal. L'inquiétude du crime, encore qu'on n'en ait pas surpris l'exécution, ne disparaît pas avec le crime même ; ainsi, les plaisirs déréglés laissent derrière eux un repentir. Ils ne sont ni solides ni fidèles : même s'ils ne font pas de mal, ils nous abandonnent. Cherche plutôt autour de toi un bien qui soit de durée ; or, il n'y en a point, sauf celui que l'âme tire d'elle-même. Le vertu seule garantit une joie constante et sûre. Si quelque obstacle survient, il en est comme des nuages qui glissent au bas du ciel sans éclipser le jour."
13 juin 2006
Epictète, Manuel, 21
La mort, l'exil et toutes ces choses apparemment redoutables, qu'elles soient devant tes yeux jour après jour, et surtout, plus que toutes, la mort. Et rien jamais ne te donnera de basses pensées ni aucun appétit excessif.
09 juin 2006
Exode, 20, 1 - 17 [Décalogue]
- Alors Dieu prononça toutes ces paroles, en disant:
- Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude.
- Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face.
- Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.
- Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent,
- et qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements.
- Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain; car l'Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain.
- Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier.
- Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage.
- Mais le septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes.
- Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour: c'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié.
- Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne.
- Tu ne tueras point.
- Tu ne commettras point d'adultère.
- Tu ne déroberas point.
- Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.
- Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.
28 mai 2006
Laozi, Traité du vide parfait, VII, 7
- YANZI : Comment nourrir son principe vital ?
- GUANZI : Laissez aller, sans obstruction, sans entraves.
- Y. : Comment atteindre ce but ?
- G. : Que les oreilles écoutent ce qu'elles désirent, que les yeux regardent ce qu'ils désirent, que le nez hume ce qu'il désire, que la bouche exprime ce qu'elle désire, que le corps se repose comme il désire, et que la volonté réalise ce qu'elle désire. Les oreilles désirent écouter de la musique, je dis qu'il y a entrave à l'ouïe si elles ne le peuvent. Les yeux désirent regarder de la beauté, je dis qu'il y a entrave à la vue s'ils ne le peuvent. Le nez désire humer des parfums, je dis qu'il y a entrave à l'odorat s'il ne le peut. La bouche désire exprimer la vérité, je dis qu'il y a entrave à la connaissance si elle ne le peut. Le corps désire se reposer dans un lieu confortable, je dis qu'il y a entrave au bien-être s'il ne le peut. La volonté désire jouir de la liberté, je dis qu'il y a entrave à la nature si elle ne le peut. Ces entraves sont des tyrans. Eliminer ces tyrans et attendre la mort, un jour, un mois ou un an, c'est ce que j'appelle nourrir son principe vital. Quiconque reste attaché à ces tyrans, s'y soumet au lieu de les combattre, vit pitoyablement. Vivrait-il cent ans, mille ans ou dix mille ans, je ne dirais pas qu'il a nourri son principe vital. Maintenant que je t'ai renseigné sur ce que signifie nourrir son principe vital, que me diras-tu des obsèques ?
- Y. : Les obsèques sont sans importance. Que dire de plus ?
- G. : Je désire t'entendre à ce sujet.
- Y. : Qu'importe ce qui se passera après ma mort. J'accepte que l'on m'incinère, me jette dans l'eau, m'enterre, me laisse à l'air, m'enveloppe de paille et me jette dans un ravin ou qu'on me vête de soie et dépose dans un sarcophage.
Guanzi regarda Bao Shu et Huangzi avant de dire : "Nous avons compris tous les deux la Voie de la vie et de la mort."
- GUANZI : Laissez aller, sans obstruction, sans entraves.
- Y. : Comment atteindre ce but ?
- G. : Que les oreilles écoutent ce qu'elles désirent, que les yeux regardent ce qu'ils désirent, que le nez hume ce qu'il désire, que la bouche exprime ce qu'elle désire, que le corps se repose comme il désire, et que la volonté réalise ce qu'elle désire. Les oreilles désirent écouter de la musique, je dis qu'il y a entrave à l'ouïe si elles ne le peuvent. Les yeux désirent regarder de la beauté, je dis qu'il y a entrave à la vue s'ils ne le peuvent. Le nez désire humer des parfums, je dis qu'il y a entrave à l'odorat s'il ne le peut. La bouche désire exprimer la vérité, je dis qu'il y a entrave à la connaissance si elle ne le peut. Le corps désire se reposer dans un lieu confortable, je dis qu'il y a entrave au bien-être s'il ne le peut. La volonté désire jouir de la liberté, je dis qu'il y a entrave à la nature si elle ne le peut. Ces entraves sont des tyrans. Eliminer ces tyrans et attendre la mort, un jour, un mois ou un an, c'est ce que j'appelle nourrir son principe vital. Quiconque reste attaché à ces tyrans, s'y soumet au lieu de les combattre, vit pitoyablement. Vivrait-il cent ans, mille ans ou dix mille ans, je ne dirais pas qu'il a nourri son principe vital. Maintenant que je t'ai renseigné sur ce que signifie nourrir son principe vital, que me diras-tu des obsèques ?
- Y. : Les obsèques sont sans importance. Que dire de plus ?
- G. : Je désire t'entendre à ce sujet.
- Y. : Qu'importe ce qui se passera après ma mort. J'accepte que l'on m'incinère, me jette dans l'eau, m'enterre, me laisse à l'air, m'enveloppe de paille et me jette dans un ravin ou qu'on me vête de soie et dépose dans un sarcophage.
Guanzi regarda Bao Shu et Huangzi avant de dire : "Nous avons compris tous les deux la Voie de la vie et de la mort."
25 décembre 2005
Plotin, Ennéade, V, 8, 9, 1
Ce monde sensible, avec chacune de ses parties restant ce qu'elle est sans se confondre avec une autre, saisissons-le par la pensée, autant que cela est possible, comme une unité dans laquelle tout tient ensemble, de telle sorte que, si l'une quelconque de ses parties nous apparaît (par exemple la sphère extérieure qui enveloppe le ciel), la représentation du soleil et en même temps celle des autres astres suivent immédiatement et deviennent visibles aussi la terre, la mer et tous les vivants, de la même manière qu'il serait possible que, dans une sphère transparente toutes choses puissent effectivement devenir visibles. Qu'il y ait donc dans l'âme une représentation lumineuse de cette sphère, contenant tout en elle... gardant cette représentation en toi-même, forme toi en toi-même une autre représentation, en supprimant cette fois la masse ; supprime aussi l'espace et l'imagination de la matière, sans essayer de concevoir une sphère plus petite que celle-ci par la masse.
22 novembre 2005
Epicure, Lettre à Ménécée, 9
Songe que l'avenir n'est ni tout à fait à nous, ni tout à fait hors de nos prises, afin de ne pas l'attendre, comme s'il devait se réaliser à coup sûr et cependant de ne pas désespérer, comme s'il était assuré qu'il dût ne pas arriver.
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