Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être. Nous voulons vivre dans l'idée des autres d'une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître. Nous travaillons incessamment à embellir et conserver notre être imaginaire, et négligeons le véritable. Et si nous avons ou la tranquillité ou la générosité ou la fidélité, nous nous empressons de le faire savoir afin d'attacher ces vertus-là à notre autre être et les détacherions plutôt de nous pour les joindre à l'autre. Nous serions de bon coeur poltrons pour en acquérir la réputation d'être vaillants. Grande marque du néant de notre propre être, de n'être pas satisfait de l'un sans l'autre, et d'échanger souvent l'un sans l'autre. Car qui ne mourrait pour conserver son honneur, celui-là serait infâme.
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03 janvier 2008
03 novembre 2007
Pascal, Pensées, 667 (Le Guern)
On se forme l'esprit et le sentiment par les conversations, on se gâte l'esprit et le sentiment par les conversations. Ainsi les bonnes ou les mauvaises le forment ou le gâtent. Il importe donc du tout de les savoir choisir pour se le former et ne le point gâter. Et on ne peut faire ce choix si on ne l'a déjà formé et point gâté. Ainsi cela fait un cercle, donct ont bienhereux ceux qui sortent.
10 septembre 2007
Pascal, Pensées, 562 (Le Guern)
Il faut de l'agréable et du réel, mais il faut que cet agréable soit lui-même pris du vrai.
30 décembre 2006
Pascal, Pensées, 472 (Le Guern)
On ne s'imagine Platon et Aristote qu'avec de grandes robes de pédants. C'étaient des gens honnêtes et comme les autres, riant avec leurs amis. Et quand ils se sont divertis à faire leurs lois et leurs politiques, ils l'ont fait en se jouant. C'était la partie la moins philosophe et la moins sérieuse de leur vie ; la plus philosophe était de vivre simplement et tranquillement. S'ils ont écrit de politique, c'était comme pour régler un hôpital de fous. Et s'ils ont fait semblant d'en parler comme d'une grande chose, c'est qu'ils savaient que les fous à qui ils parlaient pensent être rois et empereurs. Ils entrent dans leurs principes pour modérer leur folie au moins mal qu'il se peut.
(Brunschvicg 331)
(Brunschvicg 331)
30 novembre 2006
Pascal, Pensées, 103 (Le Guern)
Instinct et raison, marques de deux natures.
Cf. Brunschvicg 344, Lafuma 112, Sellier 144
Cf. Brunschvicg 344, Lafuma 112, Sellier 144
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