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20 février 2007

Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, supp. au livre premier, XVII, Sur le besoin métaphysique de l'humanité

Peu à peu nous nous représentons le monde comme quelque chose, dont la non-existence serait préférable à l'existence. De l'étonnement nous passons facilement à une sourde méditation sur la fatalité qui, malgré tout, en a pu provoquer l'existence, et grâce à laquelle la force immense que nécessite la production et la conservation du monde a pu être exploitée en un sens aussi défavorable à ses propres intérêts. L'étonnement philosophique est donc au fond une stupéfaction douloureuse ; la philosophie débute, comme l'ouverture de Don Juan, par un accord en mineur.

(Traduction Burdeau, rev. & corr. Roos)

01 juillet 2006

Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, IV, 71

Pour ceux que la Volonté anime encore, ce qui reste après la suppression totale de la Volonté, c'est effectivement le néant. Mais, à l'inverse, pour ceux qui ont converti et aboli la Volonté, c'est notre monde actuel, ce monde si réel avec tous ses soleils et toutes ses voies lactées, qui est le néant.

21 juin 2006

Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, IV, 54

La propriété de la volonté, c'est la vie ; et celle de la vie, le présent. Aussi chacun a-t-il le droit de se dire : "Je suis, une fois pour toutes, maître du présent ; durant l'éternité entière, le présent m'accompagnera, comme mon ombre ; aussi je n'ai point à m'étonner, à demander d'où il est venu, et comment il se fait qu'il tombe justement maintenant."

04 juin 2006

Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, I, 5

La vie et les rêves sont les feuillets d'un livre unique ; la lecture suivie de ces pages est ce qu'on nomme la vie réelle ; mais quand le temps accoutumé de la lecture (le jour) est passé et qu'est venue l'heure du repos, nous continuons à feuilleter négligemment le livre, l'ouvrant au hasard à tel ou tel endroit et tombant tantôt sur une page déjà lue, tantôt sur une que nous ne connaissions pas ; mais c'est toujours le même livre que nous lisons.

26 mai 2006

Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, 1ère édition, préface

Dans cette existence dont on ne sait si l'on doit rire ou pleurer, il faut bien faire à la plaisanterie sa part ; il n'est pas un journal assez grave pour s'y refuser.

23 novembre 2005

Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse dans la vie

Ne gardons pas d'animosité contre personne, autant que possible ; contentons-nous de bien noter les "procédés" de chacun, et souvenons-nous-en, pour fixer par là la valeur de chacun au moins en ce qui nous concerne, et pour régler en conséquence notre attitude et notre conduite envers les gens ; soyons toujours convaincus que le caractère ne change jamais (1) : oublier un vilain trait, c'est jeter par la fenêtre de l'argent péniblement acquis [...] " Ni aimer ni haïr" comprend la moitié de toute sagesse ; "ne rien dire et ne rien croire", voilà l'autre moitié. Il est vrai qu'on tournera volontiers le dos à un monde qui rend nécessaires des règles comme celles-là.

(édition PUF, coll. Quadrige, Paris, 2004, p. 144)