Messieurs ! avec du désintéressement et du courage, un peuple peut toujours conserver sa liberté : mais une fois que ce trésor inestimable est perdu, il est presque impossible de le recouvrer : or il est bien près de l'être, lorsque les électeurs mettent à prix leurs suffrages.
23 février 2007
20 février 2007
Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, supp. au livre premier, XVII, Sur le besoin métaphysique de l'humanité
Peu à peu nous nous représentons le monde comme quelque chose, dont la non-existence serait préférable à l'existence. De l'étonnement nous passons facilement à une sourde méditation sur la fatalité qui, malgré tout, en a pu provoquer l'existence, et grâce à laquelle la force immense que nécessite la production et la conservation du monde a pu être exploitée en un sens aussi défavorable à ses propres intérêts. L'étonnement philosophique est donc au fond une stupéfaction douloureuse ; la philosophie débute, comme l'ouverture de Don Juan, par un accord en mineur.
(Traduction Burdeau, rev. & corr. Roos)
(Traduction Burdeau, rev. & corr. Roos)
04 février 2007
Nietzsche, Gai savoir, §58
La manière dont on nomme les choses compte indiciblement plus que ce qu'elles sont.
17 janvier 2007
Montaigne, Les essais, III, 10
Le temps me laisse ; sans lui rien ne se possède.
07 janvier 2007
Sénèque, Des bienfaits, IV, 33, 2-3
Nous n'attendons jamais une certitude absolue, parce que la recherche de la vérité est une chose ardue, et que le chemin que nous suivons est celui de la probabilité. Telle est notre voie dans les tâches que nous entreprenons : c'est ainsi que nous semons, que nous naviguons, que nous faisons la guerre, que nous nous marions, que nous élevons nos enfants. Bien que, dans toutes ces entreprises le résultat soit incertain, nous nous décidons pour des actes dans lesquels nous croyons pouvoir espérer.
04 janvier 2007
Méléagre, Anthologie Palatine, VII, 476
Je t'envoie là-bas à travers la terre, Héliodora, mes pleurs, reliques de tendresse jusque chez Hadès ; ces pleurs cruels à pleurer, sur ta tombe couverte de larmes, j'en répands la libation, souvenir de mes désirs, souvenir de mon amour. Lamentablement, lamentablement, sur toi qui m'es chère même parmi les morts, moi, Méléagre, je gémis ; vain hommage à l'Achéron. Hélas ! hélas ! où est la tige pour moi si désirable ? Il l'a ravie, Hadès l'a ravie, et en son éclat la fleur a été souillée de poussière. Ah ! je t'en supplie, ô Terre, notre nourrice à tous, étreins dans ton sein doucement, ô mère, cette morte tant pleurée.
31 décembre 2006
Nietzsche, Généalogie de la morale, 3, §11
Déchiffrée depuis un astre lointain, l'écriture majuscule de notre existence terrestre conduirait peut-être à la conclusion que la terre est véritablement l'astre ascétique, le coin des créatures mécontentes, prétentieuses et répugnantes, qui ne sauraient se défaire d'un profond dégoût de soi, de la terre et de toute vie, et qui se font à elles-mêmes tout le mal possible par plaisir de faire du mal : - vraisemblablement c'est là leur seul plaisir.
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